Pas trop saignant de Guillaume Siaudeau

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Les préludes de la lecture : Ouvrage que j’ai reçu dans le cadre d’une masse critique, merci à Alma éditeur et Babelio pour cet envoi.

Résumé : Joe est employé dans un abattoir, il ne supporte plus les cris et la souffrance des bêtes au quotidien, à tel point qu’il doit faire des transfusions arc-en-ciel. Un jour il décide de tout quitter, il emmène avec lui Sam et part en camion, vaches à bord, prendre l’air à la montagne

Le mot de la fin : Un court récit dont le style et la structure permettent une lecture facile. Les personnes sont émouvantes, l’histoire et touchante. Je regrette que le monde dans lequel nous plonge l’auteur ne soit pas plus exploré ; que ce soit les traitements d’hôpitaux aux fantasmes infirmiers ou encore l’histoire de son passager. Un bon, bien que court, moment.

Extrait : « La perfusion est composée de plusieurs couches distinctes de liquide, chacune de couleur différente. Elle ressemble à un arc-en-ciel qu’on aurait mis à plat, et c’est au tour du liquide jaune de faire son job. Chaque couleur est censée soigner un symptôme spécifique, et le jaune a pour vertu de redonner un peu de moral aux troupes. Il faudra attendre la verte pour que le nœud dans l’estomac soit complètement défait, et la rose pour que les pulsions suicidaires s’éteignent complètement. Il restera enfin aux couleurs orange, bleue et mauve à s’occuper des dernières instabilités physiques et psychiques, jusqu’à la dernière goute. »

 

« Une amitié ne se mesure pas à la puissance de l’étau qui rapproche les hommes. »

 

« Ici chaque chose apparait plus simple. On parle souvent du retour à la réalité mais jamais du retour au rêve. La vie chez robert est de cette trempe-là. Il suffit de s’attarder un instant sur ses doigts pour comprendre qu’ils ont passé plus de temps à donner qu’à prendre. On voit bien que ce sont des années de partage qui ont creusé et abimé ses mains. Que ses rides ne sont pas là par hasard. Que ce ne sont pas des questions qui les ont dessinées mais le mauvais sang qu’il s’est fait pour les autres.

Robert est un livre fermé dans lequel Joe parvient à lire. Un joli secret mal gardé. Une carapace retournée. Un coffre-fort et son code épinglé au mur, juste au-dessus.

Cette chaleur humaine est plus efficace que le feu de la cheminée. C’est elle qui empêche de grelotter. Elle est bouillante. Profondément brûlante. Joe se demande si on pourrait y faire cuire un œuf. S’il devait jouer avec le feu c’est avec celui-là qu’il aimerait le faire. Avec cette belle flamme d’amitié qui présentement les embrase.

Ici, ce soir, Joe se sent rassuré. Tous les feux qui ne brûlent pas sont des feux qui réchauffent. »

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