Une maison de poupée d’Henrik Ibsen

J’aime la Scandinavie, et la Norvège que j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs fois. C’est à l’occasion de mon premier voyage que j’ai découvert avec beaucoup de plaisir Ibsen. J’avais déjà lu Peer Gynt qui avait été un véritable coup de cœur. Sans savoir de quoi cela parlait, je me suis donc plongée dans Une maison de poupée.

 

D’abord jolie poupée cajolée et préservée au beau temps de son enfance, Nora est devenue l’adorable petit merle chanteur toujours gai aux yeux d’Helmer, son mari. En effet, elle danse, rit et chante, et emplit sa maison d’une joie enfantine. Pourtant, au-delà de la charmante frivolité toute féminine propre à séduire son mari, se dessine un caractère volontaire, une femme disposée aux plus grands sacrifices par amour. Davantage sensible aux inflexions du cœur qu’aux discours raisonnables, Nora poursuit le fol espoir d’une idylle réciproque capable de transcender les conventions sociales et l’ordre établi. Mais, dans la Norvège des années  1870, où l’on se doit d’être épouse et mère avant d’être femme, de telles aspirations paraissent de vaines promesses. Qu’importe si la faute de Nora fut commise par amour, Helmer ne peut lui pardonner l’opprobre qui désormais menace la famille. Nora qui attendait fébrile qu’advienne le « prodige », fuira sereine et pour son propre salut, ce qui ne lui ressemble plus.

 

Une pièce de théâtre comme il est bon d’en lire. Une véritable dénonciation de la société patriarcale et de la condition des femmes « une femme ne peut pas être elle-même dans la société contemporaine, c’est une société d’hommes avec des lois écrites par les hommes, dont les conseillers et les juges évaluent le comportement féminin à partir d’un point de vue masculin». C’est un plaidoyer féministe qu’il faut absolument lire. Le personnage de Nora dans toute son ambivalence est magistral. On comprend que l’oeuvre ait fait débat à l’époque, qu’elle ait même été censurée, car elle dénonce et insurge. Une pièce à mettre entre toutes les mains.

 

Après l’avoir lu, je voulais la voir et j’ai trouvé une adaptation disponible gratuitement sur Dailymotion

« Une maison de poupée » d’Henrik Ibsen, mise en scène et scénographie de Stéphane Braunschweig, filmée le 10 Janvier 2010 au Théâtre National de La Colline. Acte I.

Avec Chloé Réjon (Nora Helmer), Bénédicte Cerutti (Kristine Linde), Éric Caruso (Torvald Helmer), Philippe Girard (Docteur Rank), Annie Mercier (Anne), Thierry Paret (Krogstad).

Réalisation Alexis de Favitski et Hervé Pons.

 

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