J’avais déjà chroniqué un livre de Bénédicte Vidor-Pierre mais sans le savoir. Elle avait écrit sous un pseudonyme le récit Elohim et Djamel, que j’avais beaucoup aimé : j’ai donc lu son roman avec grand plaisir.

 

Ben est primatologue, Les primates, elle les comprend mieux que les hommes. Cette associale entretient une amitié avec deux personnages typiques, une bourgeoise et une libertine. Cette combinaison digne de sex and the city mène la jeune femme à rencontrer Jean. En parallèle sa sœur de cœur et d’adoption le singe Milka donne naissance au petit Koko qu’elle prendra sous son aile.

 

Le roman déborde de réflexions théologiques, sociologiques et philosophiques. Que ce soit sur la mort, sur la distinction biologique et théologique entre être humain et être sentient, rien n’est laissé de côté et tous les sujets sont traités. Cela en fait un ouvrage riche, court mais dense en débats. Le style est parfois difficile car il y a de nombreuses et longues phrases avec pour seule ponctuation des virgules ce qui pénalise parfois la lecture. Mais la richesse de ce roman réside dans la touche d’humour de son auteur, dans les personnages si atypiques et surtout dans les réflexions, références et débats philosophiques.

 

“Doucement pour pas qu’on l’entende, juste survivre comme égarée dans une jungle. Elle se dit que la ville a des dents. ben comprends pas les sens, ils lui font peur, alors elle les aime pas, elle préfère les autre. Elle a juste deux amies (…).

Elle veut changer les choses, le monde, les gens, changer les hommes, leur dire qu’on ne naît pas human, qu’on le devient. Ca s’apprend, faut donner du sens, comme on modèle la glaise, que l’Homme c’est justement de la glaise. (…)

 

  • on ne naît pas humain, on le devient… Ca s’apprend, faut donner du sens…”