Soie d’Alessandro Baricco

Je viens de terminer ce court roman d’Alessandro Baricco. C’est le second ouvrage de l’auteur que je lis, Novecento ayant été un véritable coup de cœur.

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour part au Japon. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

J’ai peut-être pêché par excès de confiance mais ma motivation pour cette lecture c’est un peu essoufflée au fil des pages. Je trouve le style toujours très poétique et doux mais pas de phrases transperçantes ni de personnages bouleversants pour moi. Ce court récit dénonce la vie tout simplement et nos insatisfactions constantes. Les personnages manquaient tout de même de profondeur et les paysages de décors mais c’est une belle dénonciation quand même qui se termine par une fin exemplaire.

 » Hervé Joncour ne comprit pas tout de suite. Puis il entendit, dans le bruissement de cette procession en fuite, le son doré de mille clochettes minuscules qui se rapprochaient, petit à petit, et bien qu’il n’eût devant les yeux que cette terre noire, il l’imaginait, cette chaise à porteurs, oscillant comme un pendule, il la voyait, presque, remonter le chemin, mètre par mètre, et se rapprocher, lente mais implacable, portée par ces sons qui deviennent de plus en plus forts, insupportablement forts, et de plus en plus proches, proches à le frôler, un vacarme doré, là, devant lui, exactement devant lui maintenant – à cet instant précis – devant lui. Hervé Joncour releva la tête. Des étoffes merveilleuses, des tissus de soie, tout autour de la chaise à porteurs, mille couleurs, orange, blanc, ocre, argent, pas la moindre ouverture dans ce nid magnifique, juste le bruissement de ces couleurs ondoyant dans l’air, impénétrables, plus légères que rien. « 

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