Les préludes de la lecture : Ouvrage que j’ai reçu dans le cadre de l’opération masse critique de Babelio, merci à la plateforme, à Gallimard ainsi qu’à l’auteur.

Résumé : Lors d’une randonnée, l’auteur rencontre un autre randonneur en quête d’un mystérieux pont.  Il offre à l’écrivain, un énigmatique cristal du temps dans lequel il se plonge. Il redécouvre ainsi des instants de sa vie, de ses rêves et même de son futur.

Le mot de la fin : Étant déjà conquise par Pierre Péju,  la petite chartreuse étant un des plus gros coup de cœur que j’ai eu, je ne suis pas très objective. Le style est à nouveau extrêmement poétique et beau. Le sujet en revanche est différent.  L’auteur fait ici un point sur le temps qui passe, sur la vieillesse, sur la vie et sa reconnaissance envers le monde. Le chapitre Enfances lointaines m’a particulièrement touchée et bouleversée.

Extrait :  « Peu importe l’endroit où je me trouve à l’instant, sur la terre : un sentier qui longe un torrent ou une rue de Moscou, un magasin d’outillage ou une gare où ne passe plus aucun train, un rivage de la mer du Nord à marée basse ou la salle d’embarquement d’un aéroport international, oui, peu importe… Il suffit de m’arrêter là où je suis, de tracer sur le sol, du bout du pied, dans la poussière, deux traits qui se coupent, et de me dire que cette petite croix est le point de départ d’une aventure possible… »

 » tout est si lent, si fulgurant, et demain est si vite hier! »

 » Une coccinelle égarée vient se poser sur ma main, sur mon doigt. (…) J’ai entendu un entomologiste expliquer que les laitues ont un gène particulier qui, lorsqu’elles sont attaquées par les pucerons, leur permet d’émettre une phéromone qui attire les coccinelles friandes de pucerons. Je dois avoir un gène commun avec la laitue! Contre quels pucerons, quelles nuées de nouvelles noires, d’idées noires, suis-je obligé de me défendre? En tous cas, je pousse en silence. Comme la laitue, mes feuilles craquent. »

 » Peu leur importe, aux lecteurs, que vous ayez composé votre ouvrage dans une solitude complète : ils vous lisent afin de reconnaître, entre les lignes, quelque chose qui les concerne. »

« Entre le Temps qui enserre quotidiennement mon poignet et ma conscience intuitive de ce temps, une rupture venait d’avoir lieu. Alliance brisée. je ne sais pourquoi, cette immobilité des aiguilles me déconcertait, comme si l’arrêt de ma montre, comme d’un cœur d’habitude discret, amplifiait encore l’impression de vacuité et d’éloignement où je me trouvais. je me sentais lâché par la petite mécanique, inexplicablement démuni, tout en m’interdisant de chercher le moindre signe dans un événement aussi infime. »

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