Les fleurs du mal de Baudelaire

Voici un classique que je n’avais toujours pas présenté! Honte à moi, mais l’acquisition d’une belle édition de ce recueil m’a rappelé mon erreur.

L’histoire d’amour entre moi et Baudelaire,comme toutes mes histoires d’amour, était très difficile au début. L’approche en classe de première a été compliquée, j’ai été farouche et me suis renfrognée pour ensuite me laisser séduire et l’aimer tout le reste de ma vie. 🙂

Mon professeur de littérature, Monsieur Adam (tant de souvenirs dans ce début de phrase) m’avait pourtant avertie « tu y reviendras plus tard et tu y reviendras toute ta vie » peut-être m’a t-il jeté une sorte de sort maléfique? mais dix ans plus tard, le résultat est là.

Le titre… je pourrais écrire une dissertation sur ce titre. Il révèle tout et rien en même temps, il dévoile le fond et la forme du style de Baudelaire. Ce magnifique Oxymore annonce la beauté et la souffrance des lignes qui vous attendent!

La structure du recueil est révélatrice de la précision et de l’aboutissement de la pensée du poète. En partant d’une description de la société, il en en extrait les douleurs et son fameux spleen, tout en cherchant des moyens d’y échapper à travers la vie en société et les plaisirs charnels, pour finalement se rendre compte que tout cela et vain et ne pouvant aboutir qu’à la mort.

Je vous vois venir, « ce n’est pas joyeux joyeux tout çà », bon… effectivement ce n’est pas de la poésie feel good. C’est de la poésie qui remue les tripes et qui fait aussi mal qu’elle est belle, c’est de la poésie que j’aime et que je garde dans mes entrailles!

Les thèmes sont variés et gravitent tous autours de son plus grand apport à la poésie et à la littérature, le Spleen tristesse, désespoir et dégoût du monde, peur et obsession du temps qui passe et de son ultime résolution, la mort.

Je ne souhaite pas trop vous conseiller un poème en particulier, de peur que vous passiez à côté de tout ce qu’il y a de plus beau dans l’écriture de Baudelaire, à savoir qu’à chaque moment de votre vie, vous serez touchés par des écrits en particulier.

Cependant, et en me mettant un chouilla à nu, je suis une inadaptée sociale et le célèbre poème de l’Albatros résonne le plus souvent. Bon, j’avoue je trouve les alexandrins divins et donc sa structure n’y est pas pour rien. Il traite du poète incompris et bien que je ne sois pas poète, je me reconnais dans beaucoup de lignes..

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

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