J’avais lu ce livre il y a longtemps lorsque j’étais dans une période où je me passionnais pour tous les romans liés à la guerre.

La récente acquisition d’une belle édition de l’ouvrage m’a rappelé que je n’en avais toujours pas fait une chronique.

Cette nouvelle de Jean Buller sous le pseudonyme de Vercors se déroule pendant l’occupation. Vient d’abord l’illusion d’une cohabitation mais l’évidence se pose, il s’agit bien d’une occupation. Un officier allemand, prend résidence chez un vieil homme et sa nièce. Sensible à la culture française, il tente de briser le silence qui sépare ces trois protagonistes, patriotes et victimes d’une guerre qu’aucun n’a voulu, mais dans laquelle ils sont tous entraînés.

On comprend que ce livre a été le premier livre édité par les Editions de minuit par sa force. Je trouve que Vercors illustre bien par ses personnages et les situations, l’absurdité de la guerre. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas imaginer de ne pas porter affection à quelqu’un que l’on estime d’âme noble pour des raisons extérieures. L’introduction de la nièce dans la nouvelle accentue l’effet dramatique de cette impossibilité tacite. La patriotisme déborde et on souffre et on comprend, dans le silence, la guerre.

“Le silence tomba une fois de plus. Une fois de plus, mais, cette fois, combien plus obscur et tendu ! Certes, sous les silences d’antan,- comme, sous la calme surface des eaux, la mêlée des bêtes dans la mer,- je sentais bien grouiller la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui se nient et qui luttent. Mais sous celui-ci, ah ! rien qu’une affreuse oppression…”