le-peintre-et-la-voyageuse-de-patricia-almarcegui

Les préludes de la lecture : Ce livre m’avait attiré lors du défi de la rentrée littéraire de Babelio. Il m’a été gentiment envoyé par la maison d’édition Intervalles que j’affectionne depuis mon grand coup de cœur pour Lettres contre la guerre. Un énorme merci, encore à cette maison.

Résumé : Ingres n’a plus de désir, et sans désir plus d’inspiration. Le peintre et en mal de muse et n’a plus goût à rien. Jusqu’à ce qu’il rencontre la voyageuse, Lady Montagu, venue à Paris depuis Venise après avoir beaucoup voyagé, notamment en Turquie. Elle expose sa vision de l’orient, un orient sous-estimé et jugé par la société de l’époque (de la nôtre aussi évidemment). Elle dépeint à l’artiste un tableau de la vie de femmes et de leur brûlante liberté à travers une scène de bains turcs.

Le mot de la fin : J’ai à nouveau énormément apprécié ma lecture. En plus d’être riche en culture, le style est poétique, mesuré et sensuel. Les phrases sont belles et les mots sont parfaitement choisis pour donner à cet ouvrage toute cette atmosphère onirique qui transporte.

Extrait :

« cet effet accentue leur immense fragilité, leur vulnérabilité. A l’apogée de leur splendeur, au sommet de leur beauté, elles sont déjà au seuil de la mort et leur forme, parfaite, va disparaitre pour toujours. (…)

Eh bien, c’est comme la vie. Lors des moments les plus beaux, qui ont presque toujours un rapport avec l’amour, on ne peut pas s’empêcher de pressentir leur fin. Chaque moment comporte en soi son début et sa fin. C’est ce qui les rend beaux et tristes en même temps, le fait qu’ils soient toujours au bord de la disparition. Ce qui est douloureux peut aussi être beau. »

« On joue et on manipule jusqu’à altérer même ses propres désirs. Pour sentir que l’on a le pouvoir sur l’autre. Mais ce que vous ignorez, c’est que vous travaillez toujours sur votre propre idéal, c’est-à-dire la construction que vous avez faite de votre histoire d’amour, et que cette dernière n’existe pas. Alors, à un moment précis, vous devez affronter votre idéal, avec l’erreur de précis, vous devez affronter votre idéal, avec l’erreur de sa conception. Et comment s’affronte-t-on soi-même ? En fuyant. Voilà, l’amour. »

 » Cela existe également, la peur des émotions, de se sentir vulnérable. De la dépendance, surtout. (…) « Si tu dépends de quelqu’un, tu finis par lui appartenir. Si tu prends une autre personne en charge, tu seras l’esclave de sa propre affection. » Eh bien, j’essaie de vous dire par là qu’il existe de nombreuses raisons de repousser l’amour et de le redouter. En fait ; parfois, la peur qu’il provoque en nous est si forte qu’elle met un terme aux relations presque avant qu’elles n’aient commencé. »

 

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