Pour une fois, ce qui est assez rare, j’ai uniquement voulu lire ce livre grâce au titre.

J’avais entendu parler de cet ouvrage, sans en connaître son sujet et j’avais été conquise par le titre, par son originalité ou par son humour, je ne sais pas trop, quoi qu’il en soit cela faisait de nombreuses années qu’il était dans ma pile de livres à lire. Après avoir lu La guerre et la paix de Tolstoi, je souhaitais lire quelque chose de plus léger quand ma cheffe m’a prêté ce livre en anglais.

 

Vouloir le lire en anglais n’était pas l’idée du siècle. Je lis déjà de nombreux livres en version originale mais celui-ci m’a paru bien difficile pour plusieurs raisons. Le style épistolaire m’a beaucoup perturbé au début car on ne peut pas s’imaginer les personnages ce qui aide à la lecture, ensuite je trouve qu’il est plus difficile de poser le contexte avec ce style. J’ai donc opté pour une double lecture, version originale et version audio en français.

 

      Cette fiction historique a bien failli ne jamais voir le jour, l’idée initiale de Mary Ann Shaffer était d’écrire une biographie sur Kathleen Scott quand le destin l’a menée à découvrir l’histoire de l’occupation à Guernesey. Sa nièce Annie Barrows a achevé son travail quand sa tante tomba gravement malade.

 

      Juliet est une journaliste connue de tous pour les aventures d’Izzy Bickerstaff écrit durant la guerre sur un ton humoristique. Sa biographie de Bronte n’a pas eu tant de succès. Elle cherche l’inspiration littéraire et l’amour quand elle reçoit une lettre de Dawsey, un habitant de Guernesey dont la passion pour Charles Lamb le pousse à écrire à une inconnue. Au cours d’une de ses lettres, Dawsey lui parle du cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates de Guernesey. Le sujet intrigue notre journaliste qui va vouloir en savoir plus et découvrir la vie, les anecdotes et histoires des créateurs et participants de ce club littéraire.

 

       Sous ce titre sympathique, cette forme épistolaire légère et les relations simples on découvre de nombreux et riches sujets. L’importance de la littérature et le fait que tout le monde peut trouver son intérêt dans une ou plusieurs lectures, l’ouverture aux autres l’entraide sont les plus thèmes les plus légers. La guerre, la reconstruction, la rébellion en sont d’autres, moins légers mais importants et très bien présentés.

 

      Je craignais le début de ma lecture car je voyais un peu les choses arriver et j’avais peur du côté un peu trop sentimental de cette fiction historique. La lecture fut certes aisée et de nombreux passages plus sentimentaux mais non dépourvus d’humour ont permis de souffler entre les récits lourds, d’autant qu’ils sont racontés à la première personne permettant ainsi une absorption directe par le lecteur. Une bonne lecture.

 

« Je trouvais incroyable à l’époque – et encore aujourd’hui – qu’une si grande partie de la clientèle qui traîne dans la librairie ne sache pas vraiment ce qu’elle cherche, mais vienne juste jeter un œil aux étagères avec l’espoir de tomber sur un livre qui répondra à son attente. Puis, quand ils sont assez futés pour ne pas croire au baratin de l’éditeur, il vous posent les fameuses trois questions : 1. De quoi ça parle ? 2. Vous l’avez lu ? 3. C’est bien ? Les vendeurs bibliophiles pur jus – comme Sophie et moi l’étions – sont incapables de mentir. Nos visages nous trahissent immédiatement. Un sourcil arqué ou un coin de lèvre relevé suffit à trahir le livre honteux, et incite les clients futés à demander autre chose. Nous les conduisons alors de force vers un opus précis que nous leur ordonnons de lire. S’il leur déplaît, ils ne reviendront jamais ; s’ils l’apprécient, ils seront clients à vie ».