J’ai reçu ce livre lorsque j’étais libraire, dans le cadre d’une opération durant laquelle il était offert. J’avais eu un véritable coup de cœur que je sais collectif pour Stephan Zweig et j’avais voulu le lire.

 

Jakob Mendel est un véritable répertoire bibliographique vivant. Passionné, voir maladif des livres. Il délivre de précieux conseils et expertises dans son vieux café Viennois. Mais la guerre arrive, bouscule tout et l’oblige à intégrer un monde qui n’est pas le sien.

 

C’est une histoire douce et touchante, mais quelques années plus tard, si ce n’est l’ambiance et l’amour du livre et de la lecture l’histoire en elle-même ne m’a pas laissé de traces immuables et sans doute l’aurais-je oublié dans plusieurs années mais la lecture d’un Zweig à cela de magique que le souvenir vif ou dilué une relecture est toujours un émerveillement, cet ouvrage ne fait pas exception.

 

“Car il lisait comme d’autres prient, comme un joueur qui se passionne pour sa partie, ou comme un ivrogne hébété regarde fixement dans le vide; il lisait avec un recueillement si frappant que, depuis , la manière dont lisent les autres m’a toujours semblé une chose profane.”

 

“ On peut même dire qu’il vivait pas. Seuls ses yeux vivaient derrière leurs verres ovales et nourrissaient continuellement de mots, de titres et de noms sa mystérieuse et fertile substance cérébrale. Celle-ci absorbait avidement cette abondante nourriture, comme une prairie aspire des millions de gouttes de pluie. Les hommes ne l’intéressaient pas.”