L’amant de lady Chatterley de D.H.Lawrence

Les préludes de la lecture : Classique qui était dans la PAL depuis de nombreuses années ! J’avais envie de lire une histoire de mœurs alors c’était l’occasion ou jamais. De plus, après mon immense coup de cœur pour Anna Karénine, je voulais lire cet autre grand roman d’adultère.

Résumé : Constance épouse Monsieur Chatterley, un gentleman de bonne classe mais paralysé et impuissant. Elle manque littéralement de mourir d’ennuie dans sa nouvelle vie monotone de femme mariée. Elle cherche le réconfort dans les bras d’autres hommes pour se satisfaire, même si elle doit le faire elle-même… Elle entame alors une passion avec différents hommes dont Mellors, le garde-chasse ayant lui aussi une histoire sentimentale compliquée.

Le mot de la fin : Un roman qui qui a choqué lors de sa sortie, situé dans son contexte c’est compréhensible, dans le nôtre cela me fait doucement rire. J’ai trouvé les réflexions de D.H Lawrence sur la société, sur l’amour, sur les classes très intéressantes et pertinentes. J’ai noté un nombre de pages incalculable dans mon petit carnet car j’aime ses tournures et ses développements. En revanche, parfois, j’ai cru que j’allais mourir de rire tellement les propos changeaient du tout au tout passant du romantisme à l’érotisme provoquant sans transition et avec si peu de subtilité que j’ai vraiment beaucoup ri. On sent un homme derrière, un provocateur, mais surement pas un beau parleur :’)

Extrait : « Nous vivons dans un âge essentiellement tragique ; aussi refusons-nous de le prendre au tragique. Le cataclysme est accompli ; nous commençons à bâtir de nouveaux petits habitats, à fonder de nouveaux petits espoirs. C’est un travail assez dur ; il n’y a plus maintenant de route aisée vers l’avenir : nous tournons les obstacles ou nous grimpons péniblement par-dessus. Il faut bien que nous vivions, malgré la chute de tant de cieux. »

« et qui vous dit que je puisse me marier ? Peut-être que le mariage ne convient pas au mécanisme de mon esprit. Le mariage pourrait le réduire, le réduirait certainement à l’absurde. Je ne suis pas conditionné pour le mariage… Dois-je donc être enchaîné à une niche comme un moine ? Quelle folie, mon cher. Il faut que je vive et que je fasse mes calculs. J’ai quelquefois besoin de femmes. Ce n’est pas une telle affaire, et je rejette les condamnations et les prohibitions morales de qui que ce soit. J’aurais honte de voir une femme aller et venir comme une malle avec mon nom et mon adresse sur une étiquette. »

« Son amour n’était qu’une sorte d’excursion loin de son mariage (…) le mariage, cette longue, lente habitude d’intimité formée par des années de souffrance et de patience. Peut-être que l’âme humaine a besoin d’excursions, et qu’il ne faut pas les lui refuser. Mais qui dit excursion dit retour. »

« Elle percevait une des grandes lois de l’âme humaine : quand l’être reçoit un choc violent qui ne tue pas le corps, l’âme semble guérir en même temps que le corps. Mais ce n’est qu’une apparence. Il n’y a plus que le mécanisme de l’habitude reprise. Lentement, lentement, la blessure de l’âme commence à se manifester, comme une meurtrissure d’abord légère, mais qui, à la longue enfonce toujours plus profondément sa douleur, jusqu’à remplir l’âme entière. Et, quand nous croyons que nous sommes guéris et que nous avons oublié, c’est alors que le terrible contre coup se fait le plus cruellement sentir. »

« A vrai dire, il regrettait ce qui s’était passé, pour elle plus que pour lui-même. Il y voyait un présage, non du tout un mal ou un prêche ; sa conscience ne le trouvait pas dans cet ordre des choses. Il savait que la conscience n’est, le plus souvent, que la peur de la société ou la peur de soi-même. Il n’avait pas peur de lui-même. Mais il avait très nettement peur de la société qu’instinctivement il savait être une bête malveillante, à demi folle. »

 » C’est d’elle-même qu’elle voulait être sauvée, de cette rage, de cette résistance qu’elle sentait en elle-même. Et pourtant quelle force dans cette résistance ! »

« Blest be the tie that binds our hearts to kindred love john fawcette Béni soit le lien qui unit nos cœurs dans un « même amour »

 » Elle savait depuis longtemps qu’elle allait le quitter. Mais il s’était absolument interdit toute manifestation extérieure de cette certitude. Ce fut donc pour lui, en apparence, un terrible coup : car la surface de sa confiance en elle n’avait jamais été effleurée.

Et ne sommes-cous pas tous ainsi ? Par un effort de volonté, nous empêchons notre connaissance intuitive et profonde de sortir de l’inconscient. D’où cet état de crainte, d’appréhension qui rend le coup dix fois plus violent quand il nous frappe enfin. »

 

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