Quand j’étais allée chez mon ORL pour des soucis d’audition (oui je suis une mémé de 27 ans) j’ai parlé littérature avec mon spécialiste qui s’avère être aussi un auteur BD: Charles Masson.

Nous parlions du succès de Petit pays et il m’incita plus que très fortement à lire La vie devant soi. Il était déjà dans ma pile de livres à lire depuis longtemps je l’ai donc sorti vite fait bien fait avant de me faire tirer les oreilles.

 

Mommo est un fils de pute comme tous ceux que Madame Rosa héberge car leurs mères sont obligées de se défendre. Il a dix ans, enfin on croit, enfin c’est ce que lui dit madame Rosa…

À travers ses yeux d’enfants l’auteur nous raconte avec tendresse mais réalité la vie d’enfant de quartier. La réalité du quotidien, de l’entraide, de la brutalité douce et amère d’une enfance si particulière.

 

Que ce livre m’a touchée et émue! Il m’a fait rire il m’a fait pleurer il est d’une force rare c’est un coup de cœur, un de ces livres kafkaïens qui vous retourne en dedans et vous bouscule. Un livre comme je les aime. Il y a une énorme part de subjectivité dans cet avis ayant vécu une enfance, dirons-nous aussi…atypique et étant une détériorée émotionnelle également. Le discours du  docteur raisonnant avec ceux de certains spécialistes rencontrés jadis. Non, je ne suis définitivement pas neutre, mais en toute subjectivité vous devez définitivement le lire!

 

Une fois n’est pas coutume, je vais vous mettre le début de la première page pour l’extrait, car tous les autres que j’ai soulignés, révèlent un peu trop de moi également sur certain article je le fais, mais cette fois je les garde pour moi, je n’en ai pas envie. La première page donne tout de suite tout son sens et tout le talent de ce qui suit:

“La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu’elle ne se plaignait pas d’autre part, car elle était également juive. Sa santé n’était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c’était une femme qui aurait mérité un ascenseur.

Je devais avoir trans an quand j’ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n’a pas de mémoire et on vit dans l’ignorance. J’ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ca me manque.”