La mort est mon métier, Robert Merle

Les préludes de la lecture : Impossible de me souvenir d’où me vient ce livre qui traîne depuis des années dans mon étagère de livres à lire.

Résumé : Robert Merle décide dans cet ouvrage d’aller à contre-courant des autres récits de guerre en endossant le point de vue de bourreau et non pas de victime. Comme le fera d’ailleurs Jonathan Littell avec son ouvrage Les bienveillantes. On y suit la vie de Rodolf Lang. Jeune allemand issu d’une famille très modeste et très croyante jusqu’à son ascension aux plus hautes fonctions du régime néonazi. Il deviendra commandant et « concepteur » du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le mot de la fin : Ce n’est pas un énième ouvrage sur la guerre. C’est un ouvrage riche qui secoue et bouleverse. Son principal intérêt et de se positionner dans la tête d’un bourreau. On « entrevoit » comment, en période de crise économique et identitaire, un peuple, ou en tout cas une partie d’un peuple, peut céder son jugement à des doctrines inhumaines. Cet ouvrage adopte un point de vue neutre qui en aucun cas n’excuse, mais qui n’accuse pas non plus. Laissant au lecteur et à son esprit critique le droit de se construire sa propre opinion. On y prend conscience également, du rôle néfaste de la propagande et des médias dans la haine envers différentes communautés. Un livre qui fera bien d’être relu. Surtout de nos jours !

Extrait : « Mes crises disparurent, je lisais avidement dans les journaux les nouvelles de la guerre, je découpais dans les illustrés les photographies représentant les monceaux de cadavres ennemis sur le champ de bataille, et je les fixais sur les quatre murs de ma chambre avec des punaises.

Mère avait remis une ampoule dans les cabinets, et chaque matin, avant de me rendre à la messe, j’y relisais le journal que j’avais lu la veille. Il était plein des atrocités que les Français commettaient pour couvrir leur retraite. Je frémissais d’indignation, je relevai la tête, le Diable me regarda en face. Je n’avais plus peur de lui. Je lui rendis son regard. Il avait les cheveux bruns, l’œil noir, l’air vicieux. Il était en tous points semblables aux français. Je pris un crayon dans la poche de ma culotte, je rayai, au pas de la gravure « der Teufel » et j’écrivis au-dessous : « der Franzose ».

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