L’écume des jours, Boris Vian

Les préludes de la lecture : J’avais déjà lu l’arrache-cœur et m’étais acheté L’écume des jours par la suite il y a de nombreuses années. Il a ressurgi dans ma pile de livres à lire lors d’un déménagement.

Résumé : Colin est un jeune homme insouciant sans besoins financiers contrairement à son ami Chick. Suite à une puérile jalousie il décide de tomber amoureux et rencontre Chloé, c’est le coup de foudre immédiat, il l’épouse, mais elle tombe malade. La vie de jouissance se transforme en vie de labeur. Les fleurs nécessaires à la guérison de sa bien-aimée le laissent sur la paille. Le nénuphar qui pousse dans le poumon de Chloé va la consumer, comme la vie de tous les protagonistes. Chick se laisse dévorer par sa passion pour Jean-Sol Partre, Alise tâtera de l’arrache-cœur et la Souris Grise à moustache tentera de convaincre un chat.

Le mot de la fin : Une histoire d’amour bouleversante dans un univers fantasmagorique qui bouscule les codes de notre société. Le lecteur perd ses repères, j’en ai fait les frais, bien que ce soit mon second ouvrage de Vian j’ai été très perturbée par l’univers absurde. Il suffit d’accepter l’inacceptable et de se laisser emporter par le pianocktail et autres anguilles d’évier pour apprécier cet ouvrage d’une profondeur absolue. L’absurde de Boris Vian me fait également penser au Procès de Franz Kafka.

Extrait : «Il prit une quatrième cravate et l’enroula négligemment autour du cou de Colin, en suivant des yeux le vol d’un brouzillon, d’un air très intéressé. Il passa le gros bout sous le petit, le fit revenir dans la boucle, un tour vers la droite, le repassa dessous, et, par malheur, à ce moment-là, ses yeux tombèrent sur son ouvrage et la cravate se referma brutalement, lui écrasant l’index. Il laissa échapper un gloussement de douleur.

« Bougre de néant ! dit-il. La vache ! ! !

– Elle t’a fait mal ? » Demanda Colin compatissant.

Chick se suçait vigoureusement le doigt.

« Je vais avoir l’ongle tout noir, dit-il.

– Mon pauvre vieux ! » Dit Colin.

Chick marmonna quelque chose et regarda le cou de Colin.

« Minute !… souffla-t-il. Le nœud est fait !… Bouge pas !… »

Il recula avec précaution sans le quitter des yeux et saisit sur la table, derrière lui, une bouteille de fixateur à pastel. Il porta lentement à sa bouche l’extrémité du petit tube à vaporiser et se rapprocha sans bruit. Colin chantonnait en regardant ostensiblement le plafond.

Le jet de pulvérin frappa la cravate en plein milieu du nœud. Elle eut un soubresaut rapide et s’immobilisa, clouée à sa place par le durcissement de la résine. »

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