J’étais derrière toi de Nicolas Fargues

Cela faisait plusieurs années que je voulais le lire après qu’une ancienne camarade d’université avait choisi de nous le présenter en lecture contemporaine.

C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est.
J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur.
Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu la guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre.

Le narrateur, un jeune trentenaire en mal d’amour a eu un écart avec une danseuse réveillant ainsi la fureur de son épouse aussi vengeresse que Junon. En voulant prendre un peu de repos en Italie loin de sa femme qui le maltraite il reçoit un mot « ero dietro di te » cette phrase déclenchera la passion dans ce qu’elle a de plus belle et de plus laide. Nicolas Fargues prend le parti d’écrire directement au lecteur sans aucune forme si ce n’est celle d’un très long monologue. Si cela interpelle et semble plaisant par son originalité 240 pages sans paragraphes c’est parfois indigeste, même lors d’une conversation autour d’un café il y a des pauses et des souffles. L’histoire ne m’a pas plus emballée non plus. Cependant, J’aime le fait qu’il dénonce la violence des femmes également et l’ambivalence des hommes, la lâcheté humaine, la difficulté de faire des choix.

« J’ai du mal à imaginer qu’on puisse faire l’amour avec quelqu’un, même d’inconnu, même une unique nuit, sans qu’un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l’une contre l’autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s’en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n’engage à rien. »

” A t-on le droit, pour sauver égoïstement sa peau, de quitter celui ou celle que l’on a aimé à la vie à la mort ? As tu le droit de laisser tomber l’autre, lorsqu’il va moins bien que toi qu’il est plus vulnérable que toi et qu’il est tacitement établi entre vous que son si fragile équilibre dépend de ta décision ou non de rester ?”

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