Hamlet de Shakespeare

Après l’avoir lu il y a de cela plusieurs années, je souhaitais le relire.

Pour mener à bien sa vengeance sans éveiller les soupçons, Hamlet feint la folie. Lorsque le fantôme de son père lui révèle que Claudius, souverain actuel et frère du défunt roi, est le meurtrier de celui-ci, on s’attend à une stratégie ingénieuse, d’autant que le prince semble plein de courage, d’insolence et d’esprit. Or, durant quatre actes, il ne commet qu’un seul meurtre, conséquence d’une erreur de perception. À la fin de la pièce, il venge son père, mais in extremis. Hamlet est une tragédie intérieure, presque intime, dont le rythme est motivé par les hésitations du héros qui donnent lieu à des scènes superbes de grandeur pathétique, car elles disent l’aspiration de l’homme à la liberté et au repos, malgré l’enfermement obsessionnel auquel l’existence le condamne. Tragédie du doute, voyage dans un esprit qui ne rêve que d’immatérialité mais ne parvient pas à prendre son envol, Hamlet, pièce mélancolique, nous invite à un saut existentiel.

Petite anecdote pour commencer mon avis, il semblerait que le Roi Lion soit une adaptation d’Hamlet!
Une pièce de fratricide, de doute, d’amour et de folie. Que cette pièce est profonde d’existentialisme tout en étant drôle, elle révèle tout le talent du dramaturge. Hamlet est splendide dans sa mélancolie, ses doutes, sa torture intérieure. Ophélie est telle une fleur belle, épanouie elle enchante et embaume, jusqu’à se faner de désespoirs. L’introspection des personnages, leurs sentiments, leur douleur tout y est si bien transmis par les mots. Shakespeare se permet même de véritables réflexions sur le dramaturge, sur la construction d’une pièce et son écriture.
J’ai un véritable coup de cœur pour cette pièce.

« Doute que les étoiles soient de feu, 
Doute que le Soleil se meut, 
Doute que la verité mente elle-même
Mais ne doute pas que je t’aime. »

« Hamlet: un homme peut pêcher avec un ver qui a manger d’un roi, et manger le poisson qui s’est nourri de ce ver.
Le roi: Que veux-tu dire par là.
Hamlet: Rien, mais seulement vous montrer comment un roi peut faire un voyage à travers les entrailles d’un mendiant. »

« Être, ou ne pas être : c’est là la question :
Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir 
La fronde et les flèches de la fortune outrageante,
Ou bien à s’armer contre une mer de douleurs,
Et à l’arrêter par une révolte ? Mourir : dormir ; 
Rien de plus ; et dire que par ce sommeil nous mettons fin
Aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles
Qui sont le legs de la chair, c’est là un dénouement 
Qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir, dormir ; 
Dormir : peut-être rêver : oui, là est l’embarras ;
Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort
Quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie,
Voilà qui doit nous arrêter : c’est cette réflexion-là
Qui nous vaut la calamité d’une si longue existence ;
Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
L’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté,
Les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi,
L’insolence du pouvoir, et les rebuffades
Que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, 
S’il pouvait en être quitte 
Avec un simple poinçon ? qui voudrait porter ces fardeaux,
Grogner et suer sous une vie accablante, 
Si la crainte de quelque chose après la mort,
De cette région inexplorée, d’où 
Nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté
Et ne nous faisait supporter les maux que nous avons 
Par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?
Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ; 
Ainsi les couleurs natives de la résolution
Blêmissent sous les pâles reflets de la pensée,
Ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes 
Se détournent de leur cours, à cette idée, 
Et perdent le nom d’action… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.