Frankenstein; Mary Shelley

Frankenstein; Mary Shelley

Les préludes de la lecture : ouvrage qui était dans ma PAL depuis longtemps, suite à un cours sur lalittérature anglaise (le même que pour V.S.Naipaul, Nick Hornby ou encore Julian Barnes). Il est l’ouvrage du club de lecture du mois d’octobre, après Le voyageur imprudent.

Résumé : Victor Frankenstein conçoit, met au monde un être immonde. Un monstre à partir d’argile et de morceaux de mort, il parvient à lui donner la vie. Finalement, dégouté par le fruit de son travail, son créateur le rejet et refuse de lui donner affection, compagne et amour. S’ensuit alors une haine destructrice entre le géniteur et son enfant.

Le mot de la fin : J’ai énormément apprécié cet ouvrage. Bien que le récit se veuille dans le style SF/horreur, je le trouve très philosophique, psychologique et romantique. Je trouve que la structure en abyme parvient justement à gagner en distance et laisser l’horreur de côté. A l’inverse, les lettres et échanges étant retranscrits, ils offrent une forte adhésion du lecteur qui devient successivement les différents personnages. Les questions très ontologiques qui découlent de l’ouvrage ouvrent la voie sur de nombreux approfondissements philosophiques. A cela, la profonde souffrance du « monstre » sur ses origines et son seul besoin d’amour et d’affection, notamment filiale est bouleversante. Victor dit lui-même de se méfier de son éloquence. Bien que je fusse avertie, par cette souffrance que je ne connais que trop bien, je fus moi aussi, victime de ce monstre que… j’affectionne…

Extraits : « l’étude avait rendu ma peau blême, et la réclusion les traits de mon visage émaciés. Il m’arrivait d’échouer au moment même où je croyais au seuil de la certitude, je ne perdais cependant jamais l’espoir que le lendemain ou le surlendemain ne concrétise mon rêve. La lune éclairait mes efforts nocturnes tandis que, brûlant d’impatience et de ferveur, je traquais la nature jusque dans ses replis les plus intimes. Qui concevra l’horreur de mes travaux occultes ; je pataugeais sur un sol détrempé au milieu de tombes profanées, je torturais des animaux vivants pour animer l’argile inerte. Le souvenir de ces heures fait aujourd’hui trembler mes membres et me mouille les yeux, mais alors un élan irrésistible et presque frénétique me poussait de l’avant. J’avais dans ma quête, perdu et mon âme et ma sensibilité.

« la nature de la connaissance est on ne peut plus étrange ! Elle s’empare de l’esprit et s’y accroche comme la mousse au rocher. Le désir s’emparait parfois de moi de chasser de mon âme toute pense, tout sentiment, mais j’appris qu’il n’existait qu’un moyen de mettre fin à la douleur : se donner la mort. »

« Je ne demande pas de compassion pour ma misère. Jamais personne ne m’accordera sa sympathie. Quand je l’ai recherchée pour la première fois, je tenais à partager avec autrui l’amour de la vertu ainsi que les sentiments de bonheur et d’affection qui habitaient mon être. Maintenant que cette vertu n’est plus qu’une ombre, que le bonheur et l’affection ont fait place à un désespoir amer et détestable, que me reste-t-il pour susciter la sympathie ? Je me contenterai de souffrir dans la solitude aussi longtemps que se prolongera mon calvaire ; je sais qu’à ma mort l’horreur et l’opprobre entacheront ma mémoire. Autrefois, mon imagination caressait des rêves de vertu, de gloire et de joie. Autrefois, j’espérais follement rencontrer des êtres qui, oubliant ma laideur, m’aimeraient pour les qualités dont je savais faire montre. Je me nourrissais de pensées élevées d’honneur et de dévouement. Hélas, le crime m’a désormais rabaissé à un rang inférieur à celui de l’animal le plus vil. Il n’existe pas de crime, pas de haine, pas de cruauté, pas de misère qui se puisse comparer à la mienne. Quand je songe à la liste effrayante de mes péchés, je ne puis croire que je fus bien cette créature dont l’esprit était rempli de visions sublimes et transcendantes de la beauté et de la majesté de la bonté. Mais ainsi va la vie, l’ange déchu devient un démon malfaisant. Pourtant, cet ennemi de Dieu et des hommes, lui-même, avait des amis et des compagnons dans sa désolation ; hélas, je suis seul. »

« l’Aiguillon amer du remords ne cessera de fouiller mes blessures jusqu’à ce que la mort les cicatrise à jamais. »

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