J’avais eu un coup de cœur pour le Coeur cousu de Carole Martinez, c’est donc tout naturellement que j’ai lu Du domaine des murmures.  Qui plus est ce livre a obtenu le prix Goncourt des lycées. Un prix qui ne m’a jusqu’à aujourd’hui jamais déçu, avec notamment Parle-leur de batailles de rois et d’Éléphants ou encore Le club des incorrigibles optimistes.

Début du douzième siècle, la toute jeune Esclarmonde se voit promise à un jeune homme dont la réputation n’est plus à faire. Le jour de ses noces, elle se tranche l’oreille et décide de se vouer à Dieu, recluse, emmurée jusqu’à sa mort.  Mais sans le savoir, elle emmène quelque chose dans sa tombe, quelque chose qui va bouleverser son existence. Elle devient alors sorcière ou prophètes, la parole de Dieu sur terre, inspirant, pèlerins et dirigeants.

A nouveau un beau roman, un peu moins magique que le précédent, plus religieux mais dans la même atmosphère.

« La faucheuse faisait le dos rond. Elle attendait dans l’ombre ».

 » Le monde en mon temps était poreux, pénétrable aux merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l’oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n’imaginez pas que ce massacre des contes à chassé la peur! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi. »