De bons présages ; Terry Pratchett et Neil Gaiman

Les préludes de la lecture : Ouvrage du club lecture du mois de juillet 2015. Merci pour la découverte. Pour retrouver ma critique de la lecture du mois de mai c’est –> Ici

Résumé : La genèse de ce récit est aussi vieille que cette bonne vieille pomme qui nous a coûté notre vie à se balader nus, main dans la main, pour une vie de labeur et de douleurs menstruelles. Vous l’aurez compris, on part littéralement de loin! Rampa et Aziraphale, réciproquement démon et ange, tentent d’empêcher l’Apocalypse. Cet ultime évènement biblique doit être engendré par l’Antéchrist et les quatre fléaux associés. On précise que Fleming étant passé par là, Pollution est venue remplacer Pestilence. Sauf que le fils de Satan semble être de la génération Y, il est un peu difficile à appréhender, surtout quand on le perd dès la naissance…

Le mot de la fin : Un ouvrage qui s’annonçait prometteur mais qui fait un effet soufflé. On rentre immédiatement dans le récit emporté par un humour vif et grinçant qui donne vraiment du plaisir. Puis les lourdeurs arrivent, les personnages s’accumulent, les digressions aussi et on lutte pour retrouver de temps en temps ce sursaut qui nous a fait y croire au début. Je n’ai lu aucun ouvrage des deux auteurs (oui je sais honte à moi 🙂 ) donc je peux difficilement être catégorique, mais peut-être est-ce le dommage collatéral de la collaboration de deux grands auteurs ou le partenariat tourne à la compétition d’où les digressions et les surenchères ?

Extrait : « En règle générale, le Mal ne se repose jamais et ne voit donc pas pourquoi tout le monde ne ferait pas de même. Mais Rampa aimait dormir, c’était pour lui un des plaisirs de ce monde, particulièrement au terme d’un bon repas. Il avait domi pendant presque tout le XIXe siècle, par exemple.

Bien entendu, il était en faveur de l’Apocalypse, par principe. Si on lui avait demandé pour quelle raison il avait passé des siècles à manipuler les affaires de l’humanité, il aurait répondu : « Oh, pour qu’arrive l’Apocalypse et que triomphent les forces du Mal. » Mais il y a une différence entre travailler dans ce but, et le voir se concrétiser.

Rampa avait toujours su qu’il verrait la fin du monde : il était immortel, il n’avait donc pas le choix. Mais il avait espéré que ça n’arriverait pas avant très longtemps.

Parce qu’il aimait bien les gens. C’est un grave défaut, chez un démon.

Oh, certes, il faisait de son mieux pour empoisonner leur courte existence ; c’était son travail. Mais il n’aurait jamais pu imaginer les horreurs dont le genre humain était capable. Les mortels semblaient particulièrement doués pour ça. C’était dans leur nature, apparemment. Le monde dans lequel ils naissaient démontrait son hostilité par mille petits détails, et ils s’ingéniaient à encore envenimer la situation. Au fil des ans, Rampa avait eu de plus en plus de mal à accomplir des actes assez démoniaques pour trancher sur le fond perpétuel de méchanceté ambiante. À plusieurs reprises, au cours du dernier millénaire, il avait eu envie d’envoyer un message aux Tréfonds pour dire : Écoutez, autant laisser tomber tout de suite, fermez Dis, le Pandémonium et tout le tremblement, on va s’installer en surface. On n’inventera rien qu’ils n’aient déjà mis en pratique, et ils sont capables de trucs qui ne nous seraient jamais venus à l’idée, souvent avec des électrodes. Ils ont une chose dont nous manquons totalement : l’imagination. »

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