J’avais beaucoup aimé les deux premiers tomes de l’amie prodigieuse. J’ai donc tout naturellement lu le troisième. Je voulais attendre le plus possible pour ne rien oublier avant la lecture du quatrième, mais je n’ai pas tenu.

 

Elena et Lila ont cette fois-ci la trentaine. Lila que nous avons quittée travaillant chez Soccavo et vivant avec Enzo continue sa route en décidant de retourner au quartier où les Solara ne l’ont pas oublié. Elena quant à elle fuit à Florence avec son nouveau mari Pietro où elle tente d’écrire un nouveau livre. Les bouleversements sociaux de l’émancipation de la femme et sociétaires de l’Italie tiraillée entre le communisme et le fascisme entraînent nos deux héroïnes et leurs camarades dans la tourmente de ces années où chacun doit faire des choix, bouleversant leur vie et les changeants à jamais.

 

Encore une fois nous sommes entraînés sans avoir trop le choix. Le roman et le style sont très rythmés, ce qui est totalement captivant. Les émotions et les protagonistes nous touchent et nous remuent. Ils nous remuent tellement qu’on s’implique émotionnellement au point de vivre des sentiments forts tels que la déception ou l’enthousiasme et c’est à cela que je dis qu’un livre est un bon livre. Pour tout ce qu’il vous fait ressentir… même si présentement j’ai envie de distribuer de bonnes séries de claques et de gros câlins de soutien. À lire!

 

“J’avais été conditionnée par les études, qui avaient modelé mon cerveau et ma voix. Combien de pactes secrets avais-je passés avec moi-même pour pouvoir exceller! Et maintenant, après ce dur labeur pour apprendre, je devais désapprendre. Qui plus est, ma grande proximité avec Lila m’avait obligée à m’imaginer telle que je n’étais pas. Je m’étais additionnée à elle et me sentais mutilée dès que je me soustrayais. pas une idée sans Lila. pas une pensée à laquelle me fier sans le soutien de ses pensées. Pas une image. Je devais m’accepter en dehors d’elle. C’était là le coeur du problème. accepter d’être quelqu’un de banal.”

 

“ Ah Lenù, qu’est-ce qui nous arrive, à nous tous ? on est comme des tuyaux quand l’eau gèle à l’intérieur. Qu’est- ce que c’est moche, d’avoir le cerveau insatisfait!”