Les préludes de la lecture : j’avais choisi de lire ce livre après avoir lu Ariel de Sylvia Plath.

Résumé : Ce recueil de plus de quatre-vingts poèmes est un témoignage de l’auteur sur sa vie familiale avec sa femme Sylvia Plath. Il est considéré comme une réponse à son suicide, mais je n’aime pas cette expression et il ne traite pas que de son suicide.

Le mot de la fin : Même si le vécu est lourd et transparent dans ses lignes, le style et les mots m’ont moins atteint que ceux de sa femme qui transpirent la souffrance. Mais à travers ses poèmes, il a réussi à sublimer sa douleur. Cela ne fait qu’ajouter à mon admiration pour la femme qui fut la sienne et son génie poétique.

Extrait : « Pendant que nous nous mariions. Tu étais transfigurée.

SI mince, si neuve et si nue.

Un petit bouquet de lilas humide, tête penchée.

Tu tremblais, tu sanglotais de joie, tu étais

Toute la profondeur de l’océan

Débordant de Dieu.

Tu as dit avoir vu le ciel s’ouvrir

Et dévoiler ses richesses, prêtes à se répandre sur nous.

En lévitation à tes côtés, je me sentais soumis

A une étrange tension :  le futur, envoûté.

Dans ce chœur de jour de semaine, déserté, rempli d’échos,

Je te vois

Luttant pour contenir les flammes

S’échappant de ta robe de tricot rose.

Et de la pupille de tes yeux – des joyaux de grand prix

heurtant leurs larmes de feu. Des joyaux

Agités dans un cornet à dés, remis entre mes mains. »

« Toi tu attendais,

Te sachant impuissante, prise entre les pinces

De la vie qui te jugeait, et j’ai vu

Le nerf écorché, la blessure incicatrisable sur ton visage.

C’est tout ce que tu avais pour te donner du courage.

A cet instant, j’ai vu, reconnu ce qui s’emparait de toi-

Les terreurs qui t’avaient tuée une fois déjà.

A présent, je vois, j’ai vu, assise, la fille

Solitaire qui allait mourir. »

 » L’un comme l’autre nous aurions pu nous trouver une vie.

Collés comme des Siamois, chacun de nous

Sécrétant un venin spécial empoisonnant l’âme de l’autre,

Chacun de nous était un pieu

Qui empalait l’autre. Nous luttions

En silence, dans les rues, l’un soutenant l’autre,

Les estropiés et les aveugles du rêve. »

« C’était le mois de mai. Comment cela a-t-il commencé?

Qu’est ce qui nous a écorchés vifs comme cela? Par quel

Drôle de tour

La lame de la lune nous a-t-elle, de si bon matin,

fait saigner l’un l’autre? Qu’avais-je fait? J’avais

D’une manière ou d’une autre,

Mal compris. Inaccessible. »

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