Bilbo le hobbit, J.R.R. Tolkien

Les préludes de la lecture : Après la sortie au cinéma du seigneur des anneaux j’avais voulu lire le début avec cet ouvrage. Et celui-ci m’a incité ensuite à lire le Seigneur des Anneaux.

Résumé : L’histoire reprend la jeunesse de Bilbo Sacquet et sa découverte de l’Anneaux unique. C’est la genèse de l’œuvre la plus connue de Tolkien. Il raconte les péripéties du jeune hobbit, entraîné dans une folle aventure, loin de la Comté, pour aider la compagnie des treize nains à reconquérir la montagne Solitaire avec l’appui du fidèle Gandalf.

Le mot de la fin : l’ouvrage est écrit dans un style beaucoup plus simple et enfantin que le Seigneur des anneaux. Tolkien réalise ici un conte avec beaucoup d’humour, des personnages hauts en couleur et des anecdotes très cocasses. Je trouve qu’il y a évidemment de grosses similarités avec la suite. Par exemple, nous trouvons dans un chapitre particulièrement délicieux, le personnage de Beorn qui n’est pas sans faire penser à Tom Bombadil (dont je vous avais parlé dans mon article sur le Seigneur des Anneaux) et que j’avais beaucoup appréciée.

Extrait : « – Vous feriez mieux d’attendre ici, dit le magicien aux nains ; et quand j’appellerai ou sifflerai, commencez à me suivre- vous verrez le chemin que je prendrai – mais seulement par paires, notez-le, à cinq minutes d’intervalle. Bombur, qui est le plus gros, comptera pour deux ; mieux vaut qu’il vienne seul et en dernier. Venez, monsieur Baggins ! Il y a une porte quelque part par ici. (…)

Ils s’assirent là sur des bancs de bois, et Gandalf entama son récit(…)

– Je traversais les montagnes avec un ou deux amis . . ., dit le magicien.

– Ou deux ? Je n’en vois qu’un, et un petit, avec ça, dit Beorn.

– Eh bien, à vrai dire, je ne voulais pas vous encombrer d’un grand nombre de personnes avant d’avoir vu si vous n’étiez pas occupé. Je vais appeler, si vous le permettez.(…)

– Un ou trois, vous voulez dire, à ce que je vois ! dit Beorn. Mais ceux-ci ne sont pas des hobbits, mais des nains ! (…)

– Il y a eu un orage terrible ; les géants de pierre étaient sortis et projetaient des rochers ; à l’entrée du col, le hobbit, moi et quelques-uns de nos compagnons, nous nous sommes réfugiés dans une grotte…

– Appelez-vous donc deux quelques-uns ?

– Euh, non. En fait, nous étions plus de deux.

– Où sont-ils ? Tués, mangés, rentrés chez eux ?

– Eh bien, non. Il semble qu’ils ne soient pas tous venus quand j’ai sifflé. Par timidité, sans doute. Nous craignons beaucoup de former un groupe un peu nombreux à recevoir, vous comprenez.

– Allez-y, sifflez encore ! Je suis bon pour une partie, à ce qu’il paraît ; un ou deux de plus ne feront pas grande différence, grogna Beorn.

Gandalf lança un nouveau sifflement ; mais Nori et Ori furent là presque avant qu’il ne s’arrêtât, car il leur avait prescrit de venir par paire toutes les cinq minutes, rappelez-vous.(…)

– Aussitôt que nous fûmes endormis, reprit Gandalf, une crevasse dans le fond de la grotte s’ouvrit ; des gobelins en sortirent, qui se saisirent du hobbit, des nains et de notre troupe de poneys…

– Une troupe de poneys ? Qu’étiez-vous donc ? un cirque ambulant ? Ou transportiez-vous une quantité de marchandises ? Ou bien appelez-vous toujours six une troupe ?

– Oh, non ! En vérité, il y avait plus de six poneys, car nous étions plus de six – et, euh ! . . . en voici deux autres !

A ce moment, parurent Balïn et Dwalïn, qui s’inclinèrent si bas que leur barbe balaya le sol dallé. Le grand homme commença par froncer les sourcils, mais ils s’évertuèrent à être terriblement polis, et ils continuèrent si bien à hocher la tête, à se courber, à saluer et à agiter leurs capuchons devant leurs genoux (selon toutes les convenances en cours chez les nains) qu’il finit par abandonner son renfrognement pour laisser échapper un rire convulsif, tant ils étaient comiques.

– Troupe était le mot exact, dit-il. Et belle troupe comique. Entrez, mes joyeux drilles, et comment vous appelez-vous, vous ? Je n’ai pas besoin de vos services pour l’instant, je ne veux connaître que vos noms ; après quoi, cessez de vous balancer et asseyez-vous !

– … et je me glissai dans la crevasse avant qu’elle ne se refermât. Je suivis jusque dans la grande salle, qui était pleine de gobelins. Le Grand Gobelin se trouvait là avec trente ou quarante gardes en armes. Je pensai : « Même s’ils n’étaient pas enchaînés tous ensemble, que pourraient-ils faire à douze contre un tel nombre ? »

– Une douzaine ! C’est la première fois que j’entends appeler huit une douzaine. Ou bien avez-vous encore quelques diables qui ne soient pas encore sortis de leur boîte ?

– Eh bien, oui, il semble qu’en voilà justement une paire – Fili et Kili, je crois, dit Gandalf, tandis que ces deux apparaissaient et se tenaient là, souriant et saluant.(…)

– Oh, qu’ils viennent tous ! Venez, vous deux ; dépêchez-vous de vous asseoir ! (…)

Beorn ne le montrait pas plus qu’il ne pouvait l’éviter, mais en réalité il avait commencé d’être fort intéressé. Dans l’ancien temps, il avait connu la partie même des montagnes que Gandalf décrivait, vous comprenez. Il hocha la tête en grognant au récit de la réapparition du hobbit, de leur dégoulinade dans l’éboulis et du cercle de loups dans la forêt.

– Seigneur ! grogna Beorn. N’allez pas prétendre que les gobelins ne savent pas compter. Ils le peuvent fort bien. Douze ne font pas quinze, et ils le savent.

– C’est juste. Il y avait aussi Bifur et Bofur. Je ne me suis pas risqué à les présenter plus tôt,

– Eh bien, maintenant vous êtes en effet quinze ; et puisque les gobelins savent compter, je suppose que c’est là tous ceux qui se trouvaient dans les arbres. Alors peut-être pourrons-nous achever l’histoire sans autre interruption.

M. Baggins vit alors toute l’habileté de Gandalf. Les interruptions avaient vraiment accru l’intérêt de Beorn pour l’histoire, et l’histoire l’avait empêché de renvoyer aussitôt les nains comme des mendiants suspects. Il n’invitait jamais personne à entrer chez lui quand il pouvait l’éviter. Il avait très peu d’amis et ceux-ci habitaient assez loin ; et il n’en invitait jamais plus de deux à la fois. A présent, il avait quinze étrangers assis dans son porche !»

Pour trouver ce livre, allez chez votre libraire indépendant. Pour savoir s’il le possède c’est par ici http://www.placedeslibraires.fr/