Aurélien d’Aragon

C’est sur les recommandations de l’instagrammeuse Sans-fioritures que je me suis lancée dans la lecture d’Aurélien d’Aragon, et encore une fois j’avais bien raison de suivre ses conseils.

Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui ,de sa province, est venue passer quelques jours à Paris. Rien de plus comme résumé pour laisser tout le plaisir de la découverte au lecteur.                                    

Nous sommes dans le Paris des années folles, illustré par des hommes ayant vécu l’horreur et voulant tenir à distance les démons par la fête. Nous découvrons et vivons avec ces êtres humains abîmés par la vie, par les hommes, abîmés dans leur chair et dans leur âme.

Aragon parle d’amour à travers ses deux personnages principaux mais aussi au travers de tous les personnages secondaires avec un seul est même point commun: l’amour est douloureux.

L’auteur présente surtout la société en pleins bouleversements. Des courants émergent comme le dadaïsme par exemple donc Aragon a été une figure emblématique mais qu’il quittera par la suite et y portera d’ailleurs un regard critique dans cette oeuvre.

La prose est poétique et philosophique, magnifique et subjuguante on en redemande en on rêve. Un coup de cœur pour tous les personnages dans leur douleur qui en font leur grandeur, dans leurs défauts qui ne les rend que plus humains, dans leur passion qui résonne, donne et prend un petit bout de nous pour en prendre sa place et rester en nous à jamais.

“Qui a le goût de l’absolu renonce par là même à tout bonheur. Quel bonheur résisterait à ce vertige, à cette exigence toujours renouvelée ? Cette machine critique des sentiments, cette vis a tergo du doute, attaque tout ce qui rend l’existence tolérable, tout ce qui fait le climat du cœur. Il faudrait donner des exemples pour être compris, et les choisir justement dans les formes basses, vulgaires de cette passion pour que par analogie on pût s’élever à la connaissance des malheurs héroïques qu’elle produit.”

“Ceux qui jamais ne furent saisis par un amour ne comprendront pas Aurélien. Ce recommencement d’Aurélien. Il n’y a peut-être pas au monde de sentiment plus vif, comme le vent au visage, que celui de ce renouveau, qui vient d’avoir dit à une femme : Je vous aime. En même temps, Aurélien retrouve l’estime de lui-même. Il vient de légitimer, mieux que d’excuser, sa vie. Cette flâne, cette irrésolution s’expliquent. Il attendait cette minute. Il lui fallait sa raison d’être. Il avait dû profondément savoir qu’un jour Bérénice viendrait…et elle est venue.”

“A nouveau ce décor d’insomnie et d’alcool, et la durée de la nuit qui vous pèse dessus, lourdement, de toutes les idées qu’on évite, de toutes les pensées perdues, la danse de ceux qui ont peur de dormir, peur de ne pas dormir. “

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