Ariel, Sylvia Plath

Les préludes de la lecture : J’ai rêvé que je lisais Sylvia Plath alors que je n’avais lu que des poèmes épars jusqu’alors.

Résumé : C’est le dernier recueil de Sylvia avant son suicide. A travers, une quarantaine de poèmes, Sylvia Plath traite de sa maladie, de sa vie, de ses peurs, du deuil, de ses enfants etc. Elle utilise des métaphores, des mythes et tente d’exorciser ses démons comme le nazisme de son défunt père, son divorce, l’électrothérapie etc…

Le mot de la fin : Les poèmes sont percutants, empreints d’une émotion excessivement forte, sans doute liée à ses troubles bipolaires et à sa dépression. Les thèmes sont angoissants, précis et amènent la réflexion, comme celui de la résurrection, avec la psychologie du personnage, pourtant suicidaire, on y découvre un vain espoir de reconstruction à travers la mort. On est absorbé par son dément génie dépressif. Ça fait mal mais c’est tellement beau.

Extraits:

Moutons dans la Brume

Les collines descendent dans la blancheur
Les gens comme des étoiles
Me regardent attristés :
je les déçois.

Le train laisse une trace de son souffle.
Ô lent
Cheval coule
ur de rouille,

Sabots, tintement désolé—
Tout le matin depuis ce
Matin sombre,

Fleur ignorée.
Mes os renferment un silence, les champs font
Au loin mo
n cœur fondre.

Ils menacent de me conduire à un ciel
Sans étoiles ni père, une eau
noire. »

Voici un premier poème très pessimiste, qu’elle a retravaillé quelques jours avant sa mort. Il fait écho au poème triomphant, Ariel, qui aborde une chevauchée. On retrouve ici ce thème, mais avec le vers suivant: »cheval couleur de rouille »; la gloire est passée…
Les mots utilisés sont torturés, la fragile fleur « déçoit » et cause ainsi la tristesse, on y retrouve la désolation, la noirceur, « sombre », « noir ». Elle se sent incomprise, ignorée et orpheline. La mort ici matérialisée par une « eau noire », elle se noie dans les ténèbres de la dépression.

Enfin un poème secouant, qui aborde son traitement psychiatrique à base de chocs électriques.

Le pendu

Par la racine de mes cheveux un dieu s’est emparé de moi.
J’ai grésillé dans ses volts bleus comme un prophète du
désert.

Comme une paupière de lézard la nuit s’est fermée d’un bruit sec:
Le monde n’est plus qu’un long jour blanc dans une cavité sans
ombre.

Un ennui rapace a cloué ma vie à cette arbre.
S’il était moi, il ferait ce que moi j’a
i fait.

Par la racine de mes cheveux