Nouvelles orientales, Marguerite Yourcenar

Les préludes de la lecture : Recommandation d’une de mes professeures de littérature.

Résumé : Un recueil de dix nouvelles dont il serait bien difficile de faire un résumé. Il s’agit plus de fables, de contes que de nouvelles. Des contes sur l’art, la mort, l’amour. L’écriture de Marguerite Yourcenar est poétique et émouvante, mais aussi violente. Elle ne vous lâchera pas sans vous avoir profondément touché. Ce sont des nouvelles qui traitent de pouvoir : du pouvoir des hommes, des arts, des sentiments, mais surtout le pouvoir des mots !

Le mot de la fin : C’est le livre qui m’a mené à la lecture je pense, un bijou féminin avec une écriture fascinante qui transporte, fait espérer et fait rêver.

Extrait : « Pour m’aider à me représenter toutes ces choses, je me servais de tes peintures. Tu m’as fait croire que la mer ressemblait à la vaste nappe d’eau étalée sur tes toiles, si bleue qu’une pierre en y tombant ne peut que se changer en saphir, que les femmes s’ouvraient et se refermaient comme des fleurs, pareilles aux créatures qui s’avancent, poussées par le vent, dans les allées de tes jardins et que les jeunes guerriers à la taille mince qui veillent dans les forteresses des frontières étaient eux-mêmes des flèches qui pouvaient vous transpercer le cœur. À seize ans, j’ai vu se rouvrir les portes qui me séparaient du monde : je suis monté sur la terrasse du palais pour regarder les nuages mais ils étaient moins beaux que ceux de tes crépuscules. J’ai commandé ma litière : secoué sur des routes dont je ne prévoyais ni la boue ni les pierres, j’ai parcouru les provinces de l’empire sans trouver tes jardins pleins de femmes semblables à des lucioles, des femmes dont le corps est lui-même un jardin. Les cailloux des rivages m’ont dégoûté des océans ; le sang des suppliciés est moins rouge que la grenade figurée sur tes toiles ; la vermine des villages m’empêche de voir la beauté des rizières ; la chair des femmes vivantes me répugne comme la viande morte qui pend aux crocs des bouchers, et le rire épais de mes soldats me soulèvent le coeur. Tu m’as menti, Wang-Fô, vieil imposteur (…) »

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