Lettre d’une inconnue, Stephan Zweig

Lettre d’une inconnue, Stephan Zweig

Les préludes de la lecture : Entendue lors de la manifestation littéraire : Les Correspondances de Manosque en 2008 ou 2009.

Résumé : Un écrivain reçoit un jour, une lettre d’une inconnue. (Tout est dit dans le titre je vous l’accorde). On apprend que les deux se connaissent depuis leur jeunesse. Ils étaient voisins. La jeune femme idolâtre très vite le romancier et commence à l’épier. Les années passent et même l’éloignement ne suffit pas à calmer sa passion. Elle revient donc auprès de lui qui ne la reconnaît pas. S’ensuivent trois nuits de passion, trois nuits qui suffisent à créer tout un monde, à créer un être. Mais il ne le reconnaît pas. Elle poursuit sa route et le recroise, ils tourbillonnent dans le feu charnel. Mais il ne la reconnaît pas…

Et moi je ne peux rien dire de plus sans tout vous gâcher.

Le mot de la fin : Cette lettre prend aux tripes. On ne sait pas si l’on trouve l’héroïne malsaine et harceleuse ou profondément humaine. Simplement à la recherche de l’affection de l’homme qu’elle aime. On réfléchit, on se met à la place des personnages. Pour finir on souffre avec eux, avec elle, de l’amour non partagé et destructeur mais l’amour inconditionnel et irrationnel.

Extrait : C’est l’ultime passage de cette lettre qui est de très loin mon préféré, mais pour des raisons évidentes j’ai dû en choisir un autre.

« Au cours de cette dernière journée, je sentis avec une résolution soudaine que je ne pouvais pas vivre hors de ton voisinage. Je ne vis d’autre salut que toi. Je ne pourrai jamais dire comment cette idée me vint et si vraiment je fus capable de penser avec netteté dans ces heures de désespoir ; mais brusquement (ma mère était sortie) je me levai et, telle que j’étais, en costume d’écolière, j’allai vers toi. Ou plutôt non, le mot «aller» n’est pas exact : c’est plutôt une force magnétique qui me poussa vers ta porte, les jambes raidies et les articulations tremblantes. Je viens de te le dire, je ne savais pas clairement ce que je voulais: me jeter à tes pieds et te prier de me garder comme servante, comme esclave; et je crains bien que tu ne souries de ce fanatisme innocent d’une jeune fille de quinze ans ; mais mon bien-aimé-, tu ne sourirais plus si tu savais dans quel état je me trouvais alors, dehors dans le couloir glacial, roidie par la peur et cependant poussée en avant par une force inimaginable et comment j’arra­chai, pour ainsi dire, de mon corps mon bras tremblant, de telle sorte qu’il se leva et (ce fut une lutte qui dura pendant l’éternité de secondes atroces) qu’un doigt pressa le bouton de la porte. Encore aujourd’hui j’ai dans l’oreille le bruit strident de la sonnette, puis le silence qui suivit, tandis que mon cœur s’arrêtait et que, mon sang ne circulant plus, je guettais seulement si tu allais venir.»

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